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Élections fédérales: la guerre des chefs est lancée dans le sport français

Posted in La voyance au téléphone

Alors que le sport reprend peu à peu ses droits, les élections dans les fédérations, qui s'étaleront entre octobre 2020 et avril 2021, se préparent souvent dans un climat d'extrême tension. Décryptage.

Les JO à Paris: un attrait pour tous

Les Jeux de Tokyo à peine reportés en 2021, Jean-Michel Brun, secrétaire général du comité olympique français (CNOSF) s'est tenu, en plein confinement, empressé à définir les modalités de la tenue des assemblées générales (AG) électives dans les fédérations . C'est dire combien le sujet préoccupé par les dirigeants du sport français. Notamment parce que les présidents qui seront élus, d'ici au 30 avril 2021, seront en place lors des Jeux olympiques de Paris en 2024, le Graal en matière de sport… et pour les dirigeants.

Beaucoup d'entre eux rêvent de l'accréditation, ce fameux pass qui ouvre les portes des sites olympiques. Mais la perspective des JO à Paris, c'est surtout pour toutes les occasions de participer à la mutation du sport tricolore (inéluctable depuis la crise du Covid-19) et de laisser un héritage.

Rapport du projet de loi sur le sport: une aubaine pour certains

Ne nous le cachons pas, le projet de loi sur le sport actuellement en discussion au sein du ministère ne faisait pas que des heureux. Essentiellement parce que Roxana Maracineanu a décidé de s'attaquer à la gouvernance, le vieux serpent de mer du sport tricolore. Féminisation des instances (le ministre serait prêt à aller jusqu'à la parité), mode d'élections, limitation du nombre de mandats: deux des sujets les plus tabous sont sur la table.

Seulement la crise du Covid-19 a créé un embouteillage à l'Assemblée et une étude du projet de loi avant les élections semble quasi impossible. Autant dire que le rajeunissement, la féminisation des listes et la même diversité seront soumises à la bonne volonté des candidats, les lignes seront complétées à bouger. La lutte contre les violences (morales, physiques et sexuelles) pourrait être au cœur des campagnes, beaucoup de fédérations adoptantes des chartes depuis le tsunami provoqué par le témoignage de Sarah Abitbol.

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L'arrivée des champions: une inquiétude pour beaucoup

On avait l'habitude de voir voir siéger dans les commissions des athlètes, voilà désormais les sportifs de haut niveau décidés à prendre des responsabilités. «Enfin! »Diront certains. Car bien qu'ils avaient fait briller la France sur les podiums, les dirigeants ne la dissident pas forcément beaucoup de place à leurs étoiles. Trop rarement aux sportifs encore en activité. Pas seulement parce qu'ils n'ont pas beaucoup de temps libre. «Mais parce que c'est parfois mal vu de prendre parti, donc ils n'osent pas», estime Stéphane Nomis, candidat à la présidence au judo.

Une fois les projecteurs éteints, les athlètes se lancent, comme Nathalie Péchalat, récemment élue à la présidence de la fédération des sports de glace. Côté football, Luis Fernandez, lassé par la gestion de Noël Le Graët, veut que les anciens joueurs jouent avec le contrôle de la FFF. Champion olympique à Pékin, Olivier Girault brigue le poste suprême au handball (AG le 29 novembre). Il devra faire face au DTN Philippe Bana et il devrait même avoir un 3e candidat, avec Jean-Pierre Feuillan, l'actuel vice-président.

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Brahim Asloum, le héros des JO de Sydney, consulté encore mais pourrait faire de même à la boxe (AG le 13 mars 2021). Face à lui, Sarah Ourahmoune, vice-championne olympique à Rio, qui ne vise pas la présidence, mais figurera sur la liste de Dominique Nato. «C'est une volonté de rendre au sport ce qu'il nous a donné», soulignant tous les sportifs qui s'engagent. Une façon aussi de faire bouger les lignes.

Stéphane Nomis, ancien international de judo, mène un collectif de champions qui vise la présidence de la fédération / Icon Sport / Anthony Dibon

L'agitation a d'ailleurs commencé au sein de multiples fédérations, où la lutte sera sans merci. Juste avant le confinement, Bruno Gares, ancien maître d'armes et ancien conseiller de Laura Flessel au ministère des Sports, avait annoncé son souhait de disputer à Isabelle Lamour la présidence de la fédération d'escrime (élections le 26 septembre). A l'athlétisme, l'ex-sprinteuse Marie-Christine Cazier mène depuis la dernière campagne contre André Giraud, le président sortant.

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Dans certaines fédérations, où de nouveaux candidats tenteront de bousculer des dirigeants bien installés, la lutte s'annonce carrément plus impitoyable. La semaine dernière dans nos colonnes, l'ex-international Stéphane Nomis avait annoncé qu'il avait la tête d'un collectif (avec notamment Frédéric de Montfaucon et Frédérique Jossinet) pour faire bouger les lignes. Dans le viseur, Jean-Luc Rougé, ex DTN, ex-directeur général et candidat à un 5e mandat (22 novembre).

Ça chauffe dans le tennis et le rugby

Côté tennis (12 décembre), entre le président sortant Bernard Giudicelli, 62 ans, et l'ancien joueur Gilles Moretton, 61 ans, la hache de guerre est déterrée depuis longtemps. L'édile corse doit d'ailleurs indirectement à son rival sa mise à l'écart pendant plus d'un an de la fédération internationale entre 2018 et 2019. Giudicelli avait en effet été condamné par la justice française pour diffamation à vérifié de l'ancien directeur du tournoi de Lyon. Président de la Ligue d'Auvergne-Rhône-Alpes, Moretton est soutenu par quatre autres présidents de grandes Ligues, ainsi que des personnalités comme Arnaud Clément, François Jauffret et Eric Deblicker.

Enfin, au rugby (3 octobre), les petites phrases assassines ont déjà été lancées. «Florian Grill, personne ne connaît à part sa mère, donc on s'en fout», lâchait, en juin 2019, Bernard Laporte, candidat à sa propre succession sans l'avoir encore officiellement annoncé. «Bernard Laporte est sur une autre planète… Il fait preuve de la cécité dans une période qui demande de la clairvoyance», regardé récemment Florian Grill, chef de file de l'opposition, sur RMC. Le président de la Ligue d'Ile-de-France, 54 ans, compte parmi ses soutiens, d'anciens internationaux tels que Serge Blanco, Fabien Pelous ou Abdelatif Benazzi. La confrontation s'annonce virile. Sera-t-elle correcte?

CNOSF: qui après Masseglia?

Les élections au comité olympique français (CNOSF) sont prévues avant juin 2021 et c'est un nouveau président qui conduira la délégation tricolore à Tokyo en 2021. L'incertitude sur l'issue des élections fédérales faisant, personne n'a déjà fait acte de candidature pour succéder à Denis Masseglia, atteint par la limite d'âge. Michel Vion, patron du ski français, semble être le postulant désigné et le même coup le favori.

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Il bénéficie (mais dans les arcanes du sport français les positions changent parfois rapidement) du soutien des fédérations olympiques, bien décidé, à 4 ans des Jeux à Paris, à reprendre le pouvoir sur les Fédérations non olympiques. Voire à créer une scission. Patrice Martin, représentant d'une fédération non olympique (ski nautique) pourrait se lancer. À moins que Tony Estanguet n'arrive pas en sauveur d'un comité olympique français en mal de figures fortes. Le Président du comité d’organisation des JO de 2024 s’est toutefois toujours refusé à cette éventualité.

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